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Le dernier ouvrage de Sylvie Pandelé vient de paraître : Grande vulnérabilité et puissance d’être. Faire vivre la vigilance éthique

Dans son livre La grande vulnérabilité, Sylvie Pandelé défriche un thème encore peu exploré : l’accompagnement quotidien de personnes sans autonomie, sans parole, sans conscience de soi réflexive. Cette expérience confronte les professionnels du champ sanitaire et médico-social à des situations où les valeurs traditionnelles du prendre soin comme la responsabilité, la sollicitude ou le respect ne suffisent plus à fonder l’agir. Comment alors tenter de faire vivre la vigilance éthique, vertu plus ajustée à ces zones d’extrême fragilité ?

L’auteure nourrit la réflexion nécessaire aux pratiques par une étude des notions d’autonomie, de raison et de conscience, construisant ainsi une véritable anthropologie de la grande vulnérabilité.

Elle se penche aussi sur la mise en relation entre le sujet qui vit la grande vulnérabilité comme épreuve personnelle et celui qui lui dispense de l’aide, une relation qui engage et modifie l’être de chacun. Une clé de compréhension de cette rencontre se situe dans le concept de puissance d’être, développé par Spinoza. Chez la personne en grande vulnérabilité, la puissance d’être ne se manifeste pas par ce qu’elle dit ou fait, mais par ce qu’elle fait advenir chez l’autre, soit l’attention renouvelée et la capacité accrue d’agir pour elle. Sa présence, même minimale, déclenche chez l’accompagnant un surcroît de puissance d’agir, qui en retour soutient l’existence de la personne. Des vignettes cliniques viennent illustrer les différents contextes d’intervention. Sont ainsi concernés les lieux où sont accompagnées des personnes atteintes de démence à un stade avancé, celles atteintes d’un handicap sévère, ou encore le monde des soins palliatifs, avec des atteintes cérébrales massives ou le coma de fin de vie.

Ce livre expose les conditions du maintien de la vertu de la vigilance éthique ajustée dans l’accompagnement au long cours, en surmontant les obstacles, du dégoût de la souillure à la routine pesante ou la fatigue du quotidien. Une expérience existentielle singulière se fait alors jour : celle de la joie d’agir sous le prisme d’une ontologie de la relation, une autre lecture de la grande vulnérabilité pouvant s’opérer lorsque la vigilance éthique entre en action.

ISBN : 978-2-84276-322-0. Broché, 14,8 x 21,8, 196 pages, 23,50 euros

Sylvie Pandelé, ayant exercé comme directrice d’établissements médico-sociaux, accompagne les étudiants et professionnels du sanitaire et du médico-social ainsi que les équipes de direction (formation en éthique, soutien technique). Elle est aussi bénévole-accompagnante en soins palliatifs. Elle est l’auteure de La grandevulnérabilité et Accompagnement éthique de la personne en grande vulnérabilité.

 

 

SOMMAIRE : Préface (Dominique Folscheid).

PREMIÈRE PARTIE De la fragilité humaine à l’extrême vulnérabilité.

1. Fragile ou vulnérable ? (La vulnérabilité : radioscopie d’un concept • Propriétés conceptuelles de la grande vulnérabilité). 2. Pour une anthropologie de la grande vulnérabilité (Configuration de la grande vulnérabilité • La personne en grande vulnérabilité : un être-au-monde singulier en permanence sous la menace). 3. Un accompagnement ajusté (La nécessité d’ajuster l’accompagnement • Une vertu ajustée : la vigilance éthique).

DEUXIÈME PARTIE – Faire vivre et maintenir la vigilance éthique.

4. La vigilance éthique contre vents et marais (Le dégoût de la souillure • Fatigue du soin • Une dangereuse routine). 5. Le compas et la boussole : des outils et des atouts (L’humilité convoquée • La personne en grande vulnérabilité, figure de l’innocence • Le risque de mort comme horizon de sens).

TROISIÈME PARTIE Accompagnant-accompagné : deux puissances d’être en action.

6. Éclairer la puissance d’être de chacun. L’apport de Spinoza (Le conatus ou l’effort pour persévérer dans son être• La puissance d’être de la personne en grande vulnérabilité). 7. La rencontre de deux puissances d’être (La joie • De la joieà l’éprouvé du « faire-partie-du-monde » : le sentiment d’utilité ontologique)